Carolos are patraque

Lancé en 2012, le slogan « Carolos are back » avait fait sourire. Force est de constater que depuis lors, le pari de ramener le Sporting sur le devant de la scène est partiellement réussi.
Il est vrai que les résultats actuels du Sporting de Charleroi sont irréguliers (c’est un euphémisme), mais le club se cherche encore dans les méandres de la Pro League. Finalement, il pourrait bien connaître une situation opposée à celle de l’an dernier. Caler au démarrage pour finir en trombe.

Charleroi a bien grandi depuis son retour en D1 en 2012. Un an après cette remontée, Felice Mazzu débarquait. Depuis, les Zébrions luttent pour une place de choix dans la savane. Pour les amateurs de courbe, on constate aisément qu’elle progresse de manière assez linéaire. Avec comme point d’orgue une place sur le podium à l’issue de la dernière phase classique.

Sauf que, l’histoire ne retiendra que le classement à l’issue des play-offs. Une progression linéaire, mais certainement pas trop rapide. En 5 années, le club est devenu un candidat récurent aux PO et a connu les tours préliminaires d’une Coupe d’Europe. De quoi grandir lentement mais sûrement. Sans négliger l’aspect financier : « Entre septembre 2012 et la fin d’année civile 2013, les efforts et économies réalisées, mais aussi l’arrivée de nouveaux partenaires portaient leurs fruits avec une réduction drastique des pertes : passage de 4,8 millions de pertes à un résultat positif de 500 000€ ! », peut-on lire sur le club. De plus, des ventes de joueurs ont permis de consolider des contrats et de, petit à petit, se permettre des transferts entrants autres que des fins de contrats ou joueurs libres.

Mais un paradoxe réside toujours malgré cette progression. D’aucuns verront toujours Charleroi comme un club moyen et ne s’étonnent pas de la situation actuelle, qui, à leurs yeux, est normale. Tandis que les autres se disent que Charleroi est en crise, puisque mal embarqué au classement et donc pas certain de participer aux PO. Phase de la compétition à laquelle ils se doivent d’être présents vu leur statut d’équipe du subtop.

Mais où se situe la vérité ? Sans doute entre les deux postulats. Charleroi n’a pas le budget d’un Gand ou d’un Genk, n’a pas le palmarès d’un Anderlecht ou d’un Bruges et peine à avoir la même ferveur autour du club qu’un Standard. Mais Charleroi a une histoire, un stade au coeur de la ville, des supporters et une atmosphère unique. Des bases que d’autres clubs envient.

Si depuis 2013, les joueurs sont passés, le coach, lui, est resté. Felice Mazzu n’est évidemment pas étranger à la croissance du club. Véritable maître dans sa gestion du groupe et sa communication avec ses joueurs. Il a su tirer le meilleur d’un groupe limité. De plus, il a réussi à faire mieux quand ses joueurs-cadres le quittaient pour d’autres cieux. Il est d’ailleurs difficile de lui trouver des détracteurs au sein du vestiaire ou des joueurs qui sont passés par le Mambourg. Mazzu est un hybride entre un coach papa, proche de ses joueurs et donc fédérateur, meneur d’hommes et un coach maîtrisant les clés du jeu et capable de parler tactique. Ces deux qualités fondamentales pour un coach sont souvent inégalement réparties chez la plupart d’entre eux. Felice Mazzu a la chance de pouvoir bâtir sur ces deux piliers.

Un profil qui a évidemment attiré des convoitises, mais en homme fidèle, Felice ne s’est contenté que d’un flirt avec le Standard. Ce qui ne l’a pas empêché d’être dragué tout au long de ces années. Le coach carolo a aussi pu se reposer sur une direction stable avec des objectifs définis. Une entente qui a aussi fait fleurir l’écosystème du Mambourg.

Malgré tout, certains voient en cette cuvée 2018-2019 la fin du cycle Mazzu. Après 10 ans ou 2 ans, cette lassitude et ce manque de motivation peuvent survenir chez tous les coaches. La roue tourne. Véritable exception dans le paysage footballistique belge, Felice Mazzu ne semble pourtant pas s’affoler. Les médias parlent de crise, Mazzu plaide la patience. « Ce n’est pas une spirale négative, sinon rien n’irait ; notre situation, c’est que cela va une semaine, puis pas l’autre », déclarait-il d’ailleurs en conférence de presse.

Si la direction du Sporting devait prendre un jour la décision de se séparer de ce coach, on n’imagine pas le déchirement que cela provoquerait. Il sera difficile de trouver un coach avec un tel ancrage local, apprécié des joueurs, de sa direction, du public et … des médias. La Mazzunanimité.

Actuellement dixième au classement, rien n’est plié pour Charleroi. On est cependant bien loin de la régularité affichée la saison dernière. Difficile de pointer un facteur en particulier qui expliquerait cette méforme. L’effectif a été relifté, dans une précipitation (anticipée), certes, mais des renforts sont venus mettre des pansements dans chaque ligne. La solidité défensive qui faisait la force de Charleroi n’est plus vraiment à l’ordre du jour et cela se ressent. Pour l’attaque, c’est plus rassurant. À quelques reprises, Charleroi est passé tout prêt de la victoire, mais a manqué d’efficacité dans le dernier geste. Niane et Osimhen vont faire du bien, c’est indéniable. Bruno n’a pas encore été à la hauteur des espérances tandis que David Henen reste un vrai point d’interrogation.

L’effectif devrait donc être en mesure de pouvoir accrocher le wagon des PO1. La meilleure chose qui peut arriver à Charleroi en ce moment est d’aligner deux trois victoire afin de relancer toute la machine carolo. Il reste 18 matches à disputer et 54 points à glaner. Depuis la saison dernière, Mazzu et son staff ont sans doute eu le temps de cogiter sur la maxime qui dit que rien ne sert de courir, il faut partir à point.

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