Hé Willy, tu vas où maintenant ?

Eh ! Marco rentre chez toi
Y’a des larmes plein ta bière
Le bistrot va fermer
Pi tu gonfles la taulière
J’croyais qu’un mec en cuir
Ça pouvait pas chialer
J’pensais même que souffrir
Ça pouvait pas t’arriver

Rien qu’à revoir l’image à la une de cet article, on a eu mal. Marc Wilmots est parti. La fête est finie. On aura tout de même eu le plaisir de rechanter La Brabançonne une fois ou deux pour les Red Lions ou Nafi Thiam. Mais il manque un truc. Il manque une grosse voix qui répond sèchement aux médias. Il manque un accent. Une chemise blanche. Un charisme. Maintenant que l’on peut parler, que la haine est partie, que la rancœur est passée, que nous ne sommes plus fâchés, on peut te poser la question. Marco, tu vas où maintenant ?

Des rancœurs envers la fédération

Dans un entretien exceptionnel accordé à nos confrères du quotidien Le soir, Wilmots annonce qu’il était devenu gênant au sein de l’Union Belge. Marc voulait les pleins pouvoirs, contrôler tout. Après le demi-échec brésilien, son contrat fut renouvelé, mais les dirigeants belges ont demandé à reprendre une plus grande partie des décisions au coach. Vient alors le petit jeu du calife qui veut prendre la place du calife. Wilmots, démantelé d’une partie de ses droits, rentre alors en froid avec Bruxelles. L’homme de signe astrologique poisson devient morue, ou presque. En désaccord avec ses supérieurs, l’ancien sénateur libéral confie non sans légèreté au Soir « Je suis encore plus convaincu de ma méthode. Je suis, aujourd’hui, certain que mon système fonctionne même si, dans un club, je l’adapterais. Un entraîneur est jugé sur les résultats et sur ce plan-là, j’ai les meilleures statistiques. Cependant, j’ai vite compris qu’avec moi, cela ne serait jamais assez. Je serais parti quoi qu’il arrive. Je ne voulais plus vivre dans ce climat négatif. Je suis content que ce soit la fin. »  Merci Marco, c’est cool d’apaiser les tensions.

Quand il repense à son ex…

Juin 2015. C’est le feu au sein de l’Union Belge. Après le match à Bruxelles contre Andorre et en Bosnie, Schalke 04 a proposé à Wilmots de prendre le post d’entraîneur. Ce dernier refuse mais ne laisse pas complètement la porte fermée au club de la Rhur, pour qui il a fait les beaux jours en tant que joueur. Apparemment, le taureau de Dongelberg a accordé aux dirigeants du club allemand qu’il pourrait éventuellement reprendre le post d’entraîneur si le post se libérait et qu’il ne serait plus sélectionneur fédéral. Comme vous pouvez le remarquer, cela fait énormément de conditionnel dans la même phrase, mais pourquoi pas ?

Aujourd’hui, devinez qui est le club le moins bien placé du championnat allemand avec un 0 sur 9 ? Schalke 04 ! Le club d’Huntelaar n’a plus remporté le championnat de 1958. Le coach actuel, Markus Weinzierl, est donc sur la sellette. Le club reçoit Cologne, se déplace à Hoffenheim puis accueille Salzbourg et le Borussia Molgengladbach. On peut imaginer un scénario catastrophe pour le coach allemand qui se verrait licencié s’il ne parviendrait pas à remporter des points dans les matches à venir. Libre de tout coach, Schalke qui a déjà manifesté son intérêt envers Wilmots ne verrait plus aucun problème à s’acquérir Wilmots, celui-ci étant sans contrat, et donc gratuit à l’achat. Reste alors la question fâcheuse du salaire qui serait le principal obstacle à la venue de l’ancien sélectionneur belge en terre allemande.

Le vin français meilleur que la bière allemande ?

Une fois de plus, Wilmots montre son affection envers ses anciens clubs. Bordeaux, la ville où le sélectionneur a souvent donné lieu à des séances d’entraînements avec les diables, pourrait aussi être une destination probable de Wilmots. En 2012, il aurait même déclaré que les Girondins étaient sont club de cœur. Il s’agirait, certes d’une régression au niveau de sa carrière, mais Willy fait toujours passer son cœur avant le reste.

Bordeaux, 6ième de Ligue 1 pour l’instant, ne s’en sort pas trop mal avec un bilan de 9 points sur 15. Ne devrait pas se séparer de Jocelyn Gouvernnec cette année, sauf grosse surprise, cette piste est donc moins probable à court terme. Wilmots a promis qu’il entraînerait Bordeaux avant la fin de sa carrière, qui peut encore être longue.

Le dernier banc, celui du Sénat.

4 ans. C’est le temps passé par Wilmots sur le banc des diables. C’est aussi long que la période qu’il a passée sur les bancs du Sénat avec la carte MR. Ce scénario semble improbable, et pourtant…  Entre 2003 et 2007, le gouvernement nommé « la Violette » voyait les libéraux devancer de peu les socialistes. Wilmots était alors sénateur jusqu’à l’apparition de l’Orange Bleue. Le dernier baromètre politique indique que la tendance pourrait alors revenir à une petite égalité entre le PS et le MR, sans compter une remontée fulgurante du PTB alors qu’en Flandre, la N-VA perd des plumes pour laisser place au parti d’extrême droite, le Vlaams Belang ne laissant que le SP.A entre ces deux partis. Nous pourrions donc retrouver une situation légèrement similaire à celle de 2003. Le Mouvement Réformateur pourrait réaliser un énorme coup médiatique si Wilmots venait à réintégrer ses rangs. Le pourcentage de chances est minimal, mais probable.

Au revoir Monsieur le professeur.

Que l’avenir de Wilmots soit à Schalke, Bordeaux, Bruxelles ou n’importe où, le public belge ne pourra que remercier le taureau pour le bien qu’il a apporté à la nation.

Willy, pour une bière en tribune, on fait comme d’habitude, tu choisis l’heure et l’endroit, et on sera là. Allez au revoir et merci !

Sylvain Anciaux

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