R.A.P Football Club

« 92 c’est la Champion’s League, 93 c’est la champion’s League, PAW PAW PAW! ». On vous a vu, lunettes noires, vitres baissées et son à fond dans votre nouvelle Dacia qui sort du Car-Wash, vous aimez le foot, vous aimez le rap, coup de bol, 11 s’en foot aussi. Aujourd’hui, un onze de base comparant footballeurs et rappeurs, amoureux du Bling-bling, tenez-vous prêts.

C. Bravo – Alpha Wann

Barcelone. Mes Que Un Club. Les deux hommes, joueurs ou fans du FC Barcelone font leur travail dans le silence et dans l’humilité. On parle de deux mecs partis de Colo-colo ou des bas quartiers parisiens et qui ont apprit à bosser pour pouvoir prétendre au poste de futur patron dans leur catégorie.

Le monde t’appartient, mais, c’est triste
Faut aller le chercher

Alpha Wann – Barcelone

Zabaletta –  MC Solaar

Ils étaient à deux doigts de devenir les plus grands à patrons dans leur style, les maîtres de la technique. Arrivés à la fin de leur carrière, les deux hommes pourront être fiers de leur parcours. Mais parfois, en regardant derrière eux, tout de même, il y aura ce petit goût amer. Ce petit goût amer du bonbon à la réglisse, d’une première bière ou d’un fruit trop mûr. Trops mûrs, ces deux princes ne sont jamais devenus rois, il manquait un cheveu, ce qui est plutôt paradoxal pour deux hommes chauves.

Ma voisine de palier, elle s’appelle Cassandre,
Elle a un petit chien qu’elle appelle Alexandre.
Elle me dit: « Claude M.C., est-ce que tu peux le descendre ? »
J’ai pris mon Magnum, j’ai dû mal comprendre.
Elle m’a fait: « Bouge de là ! »
Bouge de là !

MC Solaar – Bouge de là

V. Kompany – Kery James

Deux défenseurs de la loyauté, deux meneurs de troupes, deux brave types. Par contre, ils ont ce petit point excessivement énervant. Une petite manie à annoncer sa fin de carrière ou en tout cas quelque chose qui y ressemble chaque semaine. Une blessure, une retraite, un retour, une blessure, une retraite, un retour, on commence à connaître la chanson.  On ne peut que saluer en tout cas la personnalité de deux papas, que ce soit du football ou du rap français, on ne peut que les aimer.

Je ne serai jamais votre leader
Je n’en ai ni la vertu, ni la valeur, ni la rigueur
Si j’ai un mérite, c’est celui d’avoir essayé
Et si j’ai une prétention que ce soit celle de vous aimer

Kery James – Constat amer

S. Aurier – MC Jean Gabin

« Les peuples tiennent à leurs ancêtres martyrs. C’est la seule aristocratie qui ne leur soit jamais contestée. » Amélie Nothomb. Alors oui, on aime les élèves du fond de la classe, les bad boys, les grandes gueules. Mais à 11 s’en foot, on aime aussi le respect, le respect des anciens, des patrons. Et Aurier comme MC Jean Gab1, ils ont du mal avec les grandes  pointures de leur art. C’est dommage, ils avaient pourtant un petit truc…

J’t’emmerde, j’t’emmerde et j’t’emmerde
Quant aux « narvalos » de la nation
Leader qu’sur haut-parleur, sachez que le hip-hop
C’est pas seulement faire des gribouillis sur un muret
Et s’faire tâter par les calcoups de la ferro comme un furet

MC Jean Gab’1 – J’t’emmerde

S. Gerrard (c) – Booba

Loyauté. C’est le mot. « Issus des quartiers meurtriers là ou le meurtre y est trop fréquent » (K. James). Deux gosses des cités qui sont devenus les icônes d’une ville, d’un pays. Gerrard à Liverpool et Booba à Paris, ça représente cette « Bad Boy Attitude » tout en restant loyal et honnête. Ce ne sont plus les médias qui font peur à ces deux gaillards, en rélaité, plus rien ni personne ne leur fait peur, si ce n’est eux-mêmes. Les années passent, à l’heure où chacun pense avoir fait tout ce qui est possible pour son club ou pour son art, Gerrard et Booba traversent l’Atlantique pour aller briller aux USA, là ou la vie est plus simple, loin de la rigueur du quartier.

Pas le temps pour les regrets, les erreurs n’appartiennent qu’à nous-mêmes
Né pour amener ma part de progrès
Pour qu’à mon tour je procrée

Lunatic (Booba & Ali) – Pas l’temps pour les regrets

A. Pirlo – Joey Starr

« Ils veulent nous voir morts on est toujours là ! » Pirlo et Joey Starr, deux monuments. Ils étaient là au début, à l’apogée et ils seront encore là quand leur art respectif se réduira à néant. Il fut un temps où ils étaient très fort, aujourd’hui, le poids des années se fait ressentir mais l’un et l’autre sont toujours là, au devant de la scène, guettant les jeunes premiers qui, face à eux, n’ont pas beaucoup de style.

Toujours aussi réfractaire à vouloir rentrer dans le rang
Avec vous je serai franc, franc au possible
Dans l’rang impossible votre morale au crible
Qu’on me déleste de mon ego
Ça me rend psycho, j’sors les crocs

Joey Starr – Métèque

C. Ronaldo – Kaaris

Les boss du game ! Partis d’en bas, auto-proclamés parfois à juste titre, parfois pas. On frime, on claque des billets et on roule des mécaniques. Meneurs de leur propre jeu, K2A et CR7 orientent, impressionnent et surclassent parfois leur art. Mais derrière les muscles, un cœur tendre bat, caché dans l’ombre, les deux hommes n’oublient pas d’où il viennent, et ça se ressent.

Pour la sécurité des oreilles de tous et surtout des plus jeunes et futurs amateurs de vrai rap, la rédaction d’11 S’EN FOOT a préféré ne pas publier un morceau de Kaaris, parce que la rap, c’est digne.

M. Reus – Kacem Wapalek

De l’art pur, de l’art noble. Deux orfèvres qui auraient pu devenir des artistes exceptionnels mais qui ont fait le choix du cœur et non du portefeuille, et c’est tant mieux. Reus comme Wapalek tiennent à leur honneur, quitte à ne jamais recevoir de distinction personelle, quitte à ne jamais grandir dans le milieu. Ils savent que les vrais amateurs de foot ou de rap les connaissent et reconnaissent pour leur qualité, c’est fin, technique, rapide, habile et amusant à voir ou à écouter.

Ça joue les gosse-beaux, les boss, bof
J’suis pas c’type austère un peu star au style
Imposteur en costard et face de faux sur poster
Y’a déjà trop d’Fantomas plein d’fautes au mic
Appelle-moi Ghost Buster, mets du Wapalek à fond
Et tu verras les gosses-beaux s’taire

Kacem Wapalek – Freestyle

E. Hazard – VALD

OVNI. Deux extra-terrestres extra-terribles ! Deux jeunes garçons, issus d’une bonne famille, avec une jeunesse paisible et pas spécialement un physique prompt à percer déboulent, humilient et explosent leur discipline à coup de dynamite. Chacun a fait des boulettes, on pense à l’Hamburger d’Hazard et le morceau « Autiste » de VALD. Chacun s’est raté, chacun s’est expliqué, aucun ne s’est réellement excusé. Passés par un petit moment de flottement, le public attendait les deux hommes pour cette nouvelle saison, ils sont biens là, et encore pour un bout de temps.

Le respect s’demande pas, le respect se prend
Le respect se perd
Le respect s’demande pas, le respect se prend (arrache-le dès que tu peux)

Vald – Bonjour

Ronaldinho – Eminem

Les 3 i. Innarêtables, Indomptables et Indispensables. Au commencement, il y avait Eminem et Ronaldinho, des gamins de Favelas, qui ont prit des coups, aujourd’hui, ils ont fait leurs preuves. Plus rien ni personne ne peut les critiquer, ils ont toujours tout fait mieux que les autres, au final, ils n’ont jamais eu de conflit avec personne. Et si c’était eux les vrais maîtres du jeu ?  Dignité et Noblesse, les chevaliers modernes.

Trop rapide, trop fort pour le citer…

F. Totti – 2Pac Shakur

Ils sont un petit peu les messies de leur discipline. Fidèles à leurs principes, meneurs d’équipes et icônes, les deux hommes sont trop souvent inconnus des plus jeunes mais adulés des anciens. Et puis, il y a cet amour de la Terre, de l’endroit d’ou l’on vient, de ces cités ou l’on a lâché ses premiers textes, tapé ses premiers goals. Ces hommes forcent le respect et leur amour envers leur discipline est juste énorme. Et puis, il y a cette attitude de caïd, à l’ancienne. En soit, écouter Tupac ou regarder Totti, c’est un peu un vieil album de photos de famille.

Now let me welcome everybody to the wild, wild west
A state that’s untouchable like Elliot Ness

Tupac – Califiorna Love

Neymar – Nekfeu

Et si on soignait son style ? Nekfeu et Neymar, ce sont un peu les préférés des dames, sur le terrain et derrière le micro, c’est beaucoup de couleurs, de joie et de finesse, les filles aiment ça et ils le savent ! Alors, on sourit, on se coiffe et on bombe un peu le torse en arrivant devant les projecteurs. C’aurait pu être gênant si les deux hommes n’étaient pas efficaces sur le terrain, or ils le sont. Ils sortent tous les deux de deux superbes saisons et s’apprêtent à refaire la même cette année. Nekfeu comme Neymar reflètent l’avenir tout en n’oubliant pas leur passé.

Y a que quand j’suis premier que j’reste à ma place

Nekfeu -Martin Eden

Sylvain Anciaux

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