Dites, on fait quoi maintenant ?

« Et c’est fini. C’est une avec une immense tristesse que nous allons conclure mais en saluant la performance fantastique, historique, du Pays de Galles. Preuve qu’avec moins de talents mais avec des tripes, de la force, de l’enthousiasme, de l’esprit d’équipe, on peut y arriver. Aurons-nous encore, cette génération aura-t-elle encore  une occasion aussi belle dans le futur avec le successeur de Marc Wilmots? Je n’en sais rien. En tout cas Acta Fabula Est, la pièce est jouée, et elle est tombée du mauvais côté. C’est fini pour nous. Bonne soirée. Au revoir. »

Rodrigo Beenkens clôture par ces mots un championnat d’Europe décevant de la part de Diables Rouges, sous la pluie lilloise, les supporters belges rejoignent, mines fermées, leurs hôtes. En Belgique, on adopte une philosophie belgo-belge. On va boire et faire la fête pour oublier. Mais le réveil est dur, très dur, le lendemain du match, les belges ont la gueule de bois. Cette gueule de bois qui fait mal, qui dit que c’est la dernière, qu’on ne fera plus jamais la fête, et que de toute façon, on ne veut plus faire la fête. Mais dis moi maintenant, Tonton Rodrigo, Tonton Willy, Tonton Eden, on fait quoi maintenant ?

Prendre du recul

Deux quarts de finale en quatre ans, certes, c’est insuffisant avec ce collectif. Tout le monde est d’accord pour le dire. Maintenant, analysons pourquoi se plante-t-on dans un quart de finale de compétition et surtout contre une équipe plus délicate à jouer. On peut parler de la défense, on peut parler de Lukaku, on peut parler des choix de Wilmots, mais la chose la plus marquante sur le terrain, c’est la volonté de jouer pour les gallois. Un pressing constant, une niaque à l’italienne, et une envie de porter le maillot, de se battre pour lui et ses symboles. La Belgique subit t-elle la pression plutôt que de la boire ? Depuis le match contre l’Italie et une défaite méritée, les diables s’énervent, sont fébriles et peu confiants envers leur entraîneur. Ce genre de problème ne peut jamais arriver au sein d’une équipe qui nourrit des ambitions telles qu’un titre européen.

Niveau match, on avait pas trop mal commencé, un bijou de Radja, de la possession et du jeu vers l’avant. Une simple contre-attaque galloise fait alors douter toute une sélection, et c’est là que le bas blesse. Courtois et sa maigre défense commencent à douter et c’est tout une équipe qui recule. les Diables n’ont pas fait face au danger. La ou les équipiers de Bale ont serré les dents et bombé le torse, les belges ont reculé, invoquant les Dieux de leur venir en aide. Une nation visant un titre européen ne peut pas se permettre de subir,il suffit de regarder l’Allemagne, exemplaire depuis le début du tournoi. Certains parleront aussi de l’arbitrage, certes, on peut siffler un penalty, certes, à 2-2 ce n’est plus le même match et certes les gallois doivent finir le match à 10. Mais les grandes équipes ne perdent jamais sur une faute d’arbitrage, elles perdent par manque d’envie.

hazard
Eden a fait la grimace mais il n’a jamais relevé la tête. Fatal.

Faire le ménage

Attention, sujet délicat. Non, Marc Wilmots n’est pas un idiot. Non, ce n’est pas un incapable. Non, il n’est pas mauvais, la preuve, remonter une nation de 64 places dans un classement international n’est pas donné à n’importe quel coach de quatrième provinciale. Willy, c’est un cœur gros comme ça. Le sélectionneur aurait pu s’arrêter après le mondial brésilien. Il aurait pu aussi s’arrêter lorsque ses enfants ont commencé à avaler des anti-dépresseurs à cause de la pression médiatique. Il aurait pu, mais il ne l’a pas fait, parce qu’il aime son pays, parce qu’il aime ses joueurs. Parce qu’il a gueulé quand les place au stade étaient trop chères, parce qu’il vit Noir Jaune Rouge. Mais aujourd’hui, force est de constater que ses choix tactiques face aux italiens et aux gallois manquaient d’intelligence. On a revu Fellaini en organisateur et De Bruyne sur le flanc, on a encore pris un goal parce que la défense était délaissée, on a encore changé Lukaku trop tard. La Belgique doit énormément de choses à Willy, mais aujourd’hui, les éléments médiatiques, populaires et sportifs sont contre lui. Comme dirait Lénine, « Que Faire ? ».

Une impression de fin de cycle, des micro-polémiques et des soucis de communication le tout suppléé par un gros manquement tactique et stratégique, Willy a fait le bonheur de la Belgique en tant que fédérateur. Le taureau de Dongelberg a dit qu’il prendrait sa décision dans les semaines à venir, juste après les vacances. Vient alors la question classico-classique, qui pour le remplacer ? De toute évidence, il faudrait un technicien avant tout, la fédération veut un bilingue, quant aux supporters, ils appellent à une figure, une image, un vrai porte drapeau. Surgissent alors quelques noms, et pas des moindres, Gerets, Preud’Homme, Scifo et Surtout Hein Vanhaezebrouck. Ce dernier répond à plusieurs critères intéressants et a montré qu’il avait des compétences tactiques et intellectuelles pour faire de belles choses avec nos Diables.

Reconstruire un empire

Que ce soit Wilmots ou jean-Claude Vandamme, on a deux ans. Deux ans, c’est long, et c’est aussi très court. En fait, on aura quel âge dans deux ans ? Voici un onze de base fictif pour la finale du Mondial 2018 qui opposera la Belgique à l’Islande en Russie avec, entre parenthèses, l’âge des joueurs en juillet 2019.
CDM2018

On vous voit d’ici, bondir sur votre chaise en criant « QUI EST CE MUSONDA JR? », un simple conseil, tapez son nom sur Youtube et laissez vous bercer. Quant à Batshuayi, son transfert à Chelsea va lui donner une assurance supplémentaire. Hazard sera revenu au sommet de son art bien qu’il continuera à courir après le Ballon d’Or et Radja disputera sûrement sa dernière grande compétition, ses poumons étant tout encrassés par le tabac. La défense est toujours ce même point d’interrogation et sera toujours le travail d’Hercule du coach qui tentera d’emmener les Diables en Russie. Courtois reste toujours le même, dans l’ombre de Neuer sur la scène internationale, mais probablement le futur capitaine de cette équipe car il aura appris à parler et à gueuler dans le vestiaire. Vertonghen sera le nouveau Kompany, blessé un match sur deux, pourtant indispensable par sa présence. Vermaelen et Vince the Prince ayant pris leur retraite internationale, Denayer et Toby se connaissent et leurs automatismes seront créés. Même si Jason devra passer à la vitesse supérieure dans les deux années à venir. Thomas Meunier qui a fait la fine bouche cet été par rapport au PSG a finalement été acheté par le club parisien qui lui a proposé un salaire attrayant, il participera d’ailleurs à un quart de finale de la Ligue des Champions avec les franciliens, le bac droit titulaire avant lui ayant traité son entraîneur de Jeannette sur Snapchat. Witsel sera bel et bien présent dans cette compétition s’il n’est pas parti pour Shangaï et un salaire de 10 millions par an à la clé. De Bruyne aura rejoint le championnat espagnol à force d’en avoir marre de se faire matraquer par les défenses anglaises. Musonda Jr, notre nouvelle petite pépite, enflammera les défenses dans un club du top européen, la Juve ! The cherry on the cake, la Belgique aura trouvé son numéro 9 tant attendu, Michy pétera les flemmes avec Chelsea où il aura rejoint un certain Eden Hazard, les automatismes seront créés. Ce championnat du monde sera bel et bien celui de la dernière chance, un titre sera difficile, et pourtant, indispensable.

Sans compter un Ban ctoujours composé de Carrasco, Mertens, Origi, Romelu et Jordan Lukaku et d’autres petites surprises.

Chers lecteurs, permettez-moi de citer un vieux fermier du Brabant Wallon pour clôturer cet article.

« Quand on rate, on fait comme les flamands, on retrousse ses manches, on jure un coup et on recommence »

Brace yourselve, The belgian rain is coming.

Sylvain Anciaux

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